Les pays de la Saga

États-Unis

Le film pour tous, la couleur et l’image immédiate

Les États-Unis jouent un rôle majeur dans la diffusion de la photographie auprès du grand public. Leur industrie associe fabrication à grande échelle, appareils simples, films et services : avec Kodak, photographier devient une pratique familiale largement accessible. La couleur renforce ensuite cette place dans les usages quotidiens.

Dès le XIXe siècle, l’agrandisseur solaire de Woodward contribue à libérer le tirage du format du négatif. Polaroid apporte une autre manière de vivre la photographie en donnant accès à l’image sur place. Des chambres de presse Graflex aux appareils populaires Argus, l’offre américaine répond aussi à des besoins très variés. Sa force tient autant à l’innovation qu’à sa capacité à transformer celle-ci en nouveaux usages et en marchés de grande ampleur.

Le parcours historique

1888–1900

Kodak organise la photographie pour tous

L’appareil Kodak de 1888 arrive chargé et s’accompagne d’un service de développement et de tirage. Le photographe peut prendre ses vues sans apprendre immédiatement la chimie du laboratoire. Le Brownie, lancé en 1900, élargit encore le public. L’innovation américaine est ici un système complet : appareil simple, film fabriqué en quantité et service capable de rendre les images. Cette organisation transforme la photographie en pratique familiale de masse.

1935–1942

Deux films changent la couleur

Kodachrome arrive en 1935 pour le cinéma amateur, puis en 1936 pour les diapositives 35 mm. Il produit une image positive destinée notamment à la projection. Kodacolor, annoncé en 1942, suit l’autre voie : le négatif couleur à partir duquel on tire des épreuves papier. Kodak donne ainsi à la couleur deux usages distincts et durables, la projection et l’album. Les émulsions, leur fabrication et les laboratoires de traitement deviennent aussi importants que les appareils.

1948–1972

Polaroid supprime l’attente du laboratoire

Le premier appareil Polaroid commercialisé en 1948 permet d’obtenir une épreuve peu après la prise de vue. Avec le SX-70 de 1972, l’image se développe dans une feuille intégrale qui reste assemblée. L’instantané crée une expérience nouvelle : voir, offrir ou refaire une photographie sur place. L’appareil et son film forment un système chimique indissociable, différent du négatif à développer puis à agrandir.

Sources documentaires

  • Kodak — https://www.kodak.com/en/company/page/history/
  • Graflex — https://www.thehenryford.org/collections/explore/artifact/212767
  • Argus — https://www.argusmuseum.org/history-of-argus
  • Polaroid — https://press.polaroid.com/about/
  • Ponder & Best / Vivitar — https://www.vivitar.com/pages/about-us
  • David Acheson Woodward — https://www.americanhistory.si.edu/collections/object/nmah_1022297
  • George Eastman et William Hall Walker — https://patents.google.com/patent/US317049A/en
  • Henry Reichenbach — https://blog.scienceandmediamuseum.org.uk/celluloid-and-photography-part-2-the-development-of-celluloid-roll-film/
  • Joseph Mihalyi — https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8210879/kodak-super-six-20-camera
  • Kodak — Chronologie : Kodak, Brownie, Kodachrome et Kodacolor — https://www.kodak.com/en/company/page/milestones/
  • Polaroid — De l’instantané de 1948 au SX-70 de 1972 — https://shop-us.polaroid.com/blogs/developing/polaroid-now-book