Nicéphore NiépceLéonard François Berger, 1854 · portrait posthume · domaine public · Source du portrait
Niépce utilise le bitume de Judée, qui durcit à la lumière, pour fixer l’image formée dans une chambre noire. Il réalise ainsi, vers 1826–1827, le Point de vue du Gras, considéré comme la plus ancienne photographie conservée prise avec ce dispositif.
Il s’associe à Louis Daguerre en 1829. Après sa mort en 1833, Daguerre poursuit les recherches et met au point le daguerréotype.
Louis DaguerreMayer & Pierson, vers 1850 · domaine public · Source du portrait
Associé à Niépce, Louis Daguerre poursuit ses recherches après la mort de celui-ci et met au point le daguerréotype, rendu public en 1839.
L’image est enregistrée sur une plaque de cuivre argentée, puis révélée aux vapeurs de mercure et fixée. Le procédé donne une photographie très détaillée, mais chaque plaque est unique, sans négatif permettant de multiplier les tirages. Il se diffuse notamment dans les ateliers de portrait.
Portrait de Joseph PetzvalAdolf Dauthage, 1854 · lithographie · domaine public · Source du portrait
En 1840, Joseph Petzval calcule un objectif destiné au portrait, fabriqué par Voigtländer. Plus lumineux que les objectifs alors utilisés, il raccourcit les temps de pose et facilite les portraits en atelier.
William Henry Fox TalbotIvan Szabo, XIXe siècle · domaine public · Source du portrait
William Henry Fox Talbot fait breveter le calotype en 1841. Ce procédé produit un négatif sur papier, à partir duquel on peut obtenir plusieurs tirages positifs par contact.
Un même négatif permet ainsi de multiplier les photographies, alors que chaque daguerréotype est une image unique. Les fibres du papier rendent toutefois les détails moins fins.
Portrait de Carl ZeissPortrait publié dans Auerbach, 1907 · domaine public · Source du portrait
Carl Zeiss ouvre un atelier à Iéna en 1846, où il fabrique notamment des microscopes. Avec le physicien Ernst Abbe, il développe des instruments dont les lentilles sont conçues par le calcul scientifique.
Cette collaboration établit les compétences optiques sur lesquelles l’entreprise s’appuiera ensuite pour fabriquer des objectifs photographiques.
Louis Désiré Blanquart-ÉvrardAutoportrait, avant 1872 · Bibliothèque municipale de Lille · domaine public · Source du portrait
En 1850, Louis Désiré Blanquart-Évrard présente le papier à l’albumine. Une couche de blanc d’œuf permet de préparer la surface sensible du papier, sur laquelle on obtient un tirage positif par contact avec un négatif.
Ce procédé permet de produire plusieurs épreuves aux détails fins et devient l’un des principaux supports du tirage photographique au XIXᵉ siècle.
Frederick Scott ArcherPortrait historique · domaine public · Source du portrait
En 1851, Frederick Scott Archer publie le procédé au collodion humide. Il permet d’obtenir un négatif sur verre aux détails fins, à partir duquel on peut réaliser plusieurs tirages sur papier.
La plaque doit être préparée, exposée et développée avant de sécher. Pour photographier en extérieur, il faut donc emporter un laboratoire.
En 1857, David Acheson Woodward brevète un agrandisseur solaire. L’appareil utilise la lumière du soleil pour projeter l’image d’un négatif sur du papier photographique.
Il permet ainsi d’obtenir un tirage plus grand que le négatif, dont les dimensions limitaient jusque-là celles des épreuves réalisées par contact.
En 1861, Thomas Sutton conçoit un appareil à plaques utilisant la visée reflex à un objectif. Un miroir renvoie sur un dépoli l’image formée par l’objectif de prise de vue.
Le photographe peut ainsi contrôler le cadrage et la mise au point à travers le même objectif que celui qui enregistre l’image.
Ernst AbbePortrait historique, avant 1905 · domaine public · Source du portrait
À partir de 1866, Ernst Abbe travaille avec Carl Zeiss à Iéna. Il utilise le calcul scientifique pour concevoir les lentilles et corriger leurs défauts optiques.
Appliquées d’abord aux microscopes, ses méthodes contribuent ensuite au développement des objectifs photographiques de précision.
En 1871, Richard Leach Maddox propose une émulsion au bromure d’argent dans la gélatine. Déposée sur une plaque de verre, elle ouvre la voie aux plaques sèches préparées à l’avance.
D’autres chercheurs, notamment Charles Harper Bennett, améliorent ensuite leur sensibilité. Contrairement au collodion humide, ces plaques peuvent être conservées avant l’exposition et développées plus tard : le photographe n’a plus à préparer et traiter son négatif sur le lieu de la prise de vue.
En 1873, Rokusaburō Sugiura commence à vendre du matériel et des fournitures photographiques au Japon. Il développe l’activité qui donnera naissance à Konica.
L’entreprise passe ensuite à la fabrication d’appareils photographiques, puis de films.
En 1873, Hermann Wilhelm Vogel montre que l’ajout de certains colorants étend la sensibilité des émulsions photographiques au-delà du bleu et du violet.
Ses recherches permettent de mieux traduire les couleurs en valeurs de gris et ouvrent la voie aux surfaces sensibles à une plus grande partie du spectre lumineux.
En 1878, Charles Harper Bennett montre qu’un chauffage prolongé de l’émulsion à la gélatine augmente sa sensibilité à la lumière.
Il perfectionne ainsi le procédé proposé par Richard Leach Maddox. Les plaques sèches permettent des poses plus courtes, facilitant la photographie des sujets en mouvement.
Photographe · Fondateur de l’entreprise à l’origine d’Ilford
En 1879, Alfred Hugh Harman commence à fabriquer des plaques sèches à la gélatine à Ilford, en Angleterre, sous le nom Britannia Works.
Il fournit aux photographes des plaques sensibles prêtes à l’emploi. Cette activité donne naissance à Ilford, qui développera ensuite des films et des papiers photographiques.
Entrepreneur et inventeurs · Entreprise Eastman, Rochester
George EastmanPortrait de George Eastman · domaine public · Source du portrait
George Eastman et William Walker développent un porte-film permettant de faire avancer un support sensible en rouleau. En 1885, ce support est en papier, et non encore en film transparent.
Plusieurs photographies peuvent être prises successivement sans changer de plaque après chaque vue.
Le porte-film Eastman–Walker est breveté le 5 mai 1885. Il réunit le support sensible et le mécanisme qui le déroule : l’avancement régulier du rouleau devient un élément de l’appareil.
À l’Eastman Dry Plate and Film Company, George Eastman intervient comme entrepreneur et co-inventeur ; William Hall Walker comme inventeur et collaborateur d’Eastman.
En 1888, George Eastman lance le Kodak à Rochester, aux États-Unis. L’appareil est chargé pour 100 photographies. Une fois le rouleau exposé, l’utilisateur le renvoie à l’entreprise, qui développe les images, réalise les tirages et recharge l’appareil. Eastman permet ainsi de pratiquer la photographie sans effectuer soi-même les opérations de laboratoire.
En 1893, Harold Dennis Taylor dépose une demande de brevet pour le triplet de Cooke, une formule optique à trois lentilles.
Leur disposition corrige plusieurs défauts optiques et améliore la netteté jusque vers les bords de l’image. Cette formule sera utilisée dans de nombreux objectifs photographiques.
Paul Rudolph conçoit chez Zeiss le Planar en 1896, puis le Tessar en 1902. Ces formules corrigent plusieurs défauts optiques pour améliorer la netteté de l’image.
Le Tessar associe quatre lentilles en trois groupes. Sa construction compacte et ses qualités optiques favorisent son utilisation dans de nombreux appareils photographiques.
Les frères Lumière commercialisent l’Autochrome, une plaque de verre associant une émulsion photographique à des grains colorés. Après traitement, elle donne une image positive en couleurs, observée par transparence.
La photographie en couleurs devient accessible grâce à des plaques prêtes à l’emploi. L’image se regarde à la lumière, sans tirage direct sur papier.
En 1913–1914, Oskar Barnack développe les prototypes Ur-Leica. Il utilise le film de cinéma de 35 mm pour enregistrer des images de 24 × 36 mm, destinées à être agrandies au tirage.
Ce choix permet de construire un appareil compact, facile à transporter. Ernst Leitz II décide sa production en série en 1924 ; le Leica I est commercialisé en 1925.
En 1919, Kumao Kajiwara fonde Asahi Optical à Tokyo. L’entreprise fabrique d’abord des éléments optiques pour les lunettes et les jumelles, puis des objectifs de projection et de photographie.
Elle développera ensuite les appareils photographiques connus sous le nom Pentax.
En 1919, Takeshi Yamashita fonde Takachiho Seisakusho pour fabriquer des instruments scientifiques, notamment des microscopes. Avec l’ingénieur Shintarō Terada, il lance un premier microscope en 1920.
L’entreprise, qui deviendra Olympus, étendra ensuite ses activités aux objectifs et aux appareils photographiques.
En 1920, Paul Franke et Reinhold Heidecke fondent leur entreprise à Brunswick. Franke dirige l’activité commerciale ; Heidecke conçoit les appareils.
Après des modèles stéréoscopiques, ils développent le Rolleiflex, un reflex à deux objectifs : l’un sert à viser sur un dépoli, l’autre à photographier.
Mathématicien et concepteur optique · Leitz, Wetzlar
Max Berek développe les premières optiques Leica pour les appareils conçus par Oskar Barnack.
Il calcule les lentilles pour obtenir une image suffisamment nette sur le petit négatif 24 × 36 mm, destiné à être agrandi au tirage, tout en conservant un objectif compact.
En 1933, Gorō Yoshida, Saburō Uchida et Takeo Maeda créent à Tokyo un laboratoire pour développer un appareil photographique 35 mm à télémètre. Yoshida apporte son expérience de mécanicien ; Uchida et Maeda participent à l’organisation du projet.
Leurs recherches donnent naissance au prototype Kwanon. Après le départ de Yoshida en 1934, elles se poursuivent et conduisent au Hansa Canon, commercialisé en 1936 avec un objectif fourni par Nippon Kōgaku, future Nikon.
Musiciens et chercheurs · Collaboration avec Eastman Kodak
Leopold Mannes et Leopold Godowsky Jr. mènent des recherches sur la photographie en couleurs, puis poursuivent leurs travaux avec les équipes Kodak. Ils contribuent à la mise au point du Kodachrome, lancé pour le cinéma en 1935 puis proposé pour la photographie 35 mm en 1936.
Après un traitement spécifique, ce film donne une image positive en couleurs : une diapositive que l’on regarde par transparence ou que l’on projette. Il permet ainsi d’obtenir des photographies en couleurs avec les appareils 35 mm.
Mécanicien et concepteur d’appareils · Ihagee, Dresde
Karl Nüchterlein conçoit chez Ihagee le Kine Exakta, commercialisé en 1936. Il adapte la visée reflex à un objectif au format 24 × 36 mm, avec des objectifs interchangeables.
Le photographe observe sur un dépoli l’image formée par l’objectif de prise de vue et peut ainsi contrôler le cadrage et la mise au point. Au déclenchement, le miroir se relève pour laisser la lumière atteindre le film. Nüchterlein contribue à réunir ces mécanismes dans un appareil de petit format.
En 1936, Julius et Gilbert Durst fondent leur entreprise de matériel photographique à Bressanone.
Ils développent notamment des agrandisseurs, qui projettent l’image d’un négatif sur du papier sensible pour réaliser des tirages de différentes dimensions. Ces équipements deviennent une spécialité de Durst dans le laboratoire argentique.
Joseph Mihalyi conçoit chez Kodak le Super Six-20, lancé en 1938. Sa cellule photoélectrique mesure la lumière et commande le diaphragme : le photographe choisit la vitesse, l’appareil règle l’ouverture.
Cet automatisme évite de reporter manuellement une mesure de lumière sur le réglage du diaphragme. Le dessin extérieur de l’appareil est dû à Walter Dorwin Teague.
Edwin LandBernard Gotfryd, 1971 · Library of Congress · aucune restriction connue · Source de l’illustration
Edwin Land, cofondateur et dirigeant de Polaroid, mène les recherches qui réunissent prise de vue, développement et obtention du positif dans un même système. Il présente son procédé photographique instantané en 1947 ; sa commercialisation commence en 1948.
Il transforme la chaîne photographique en permettant de découvrir le résultat sur place, sans passer par un laboratoire séparé.
En 1948, Victor Hasselblad présente le Hasselblad 1600F, un appareil reflex de moyen format produisant des images de 6 × 6 cm.
Développé avec ses équipes, il possède des objectifs, viseurs et magasins de film interchangeables. Le photographe peut ainsi adapter son équipement à différents usages et changer de film en remplaçant le magasin.
Pierre Angénieux fonde son entreprise d’optique à Paris en 1935, avant de l’installer à Saint-Héand. Ingénieur opticien, il développe des objectifs photographiques et cinématographiques et présente en 1950 son grand-angle Rétrofocus 35 mm f/2,5.
Sa construction laisse derrière l’objectif la place nécessaire au miroir du reflex. Il contribue ainsi à rendre le grand-angle utilisable avec la visée reflex, avant de jouer un rôle important dans le développement des zooms.
Yoshihisa Maitani conçoit le Pen, lancé en 1959. Cet appareil compact utilise le demi-format sur film 35 mm, permettant de prendre deux fois plus de vues qu’en 24 × 36 sur une même pellicule.
Il développe ensuite les Pen F, OM et XA, en recherchant des appareils plus petits et faciles à emporter.
Frank Gerhard Back développe des objectifs à focale variable pour le cinéma et la télévision, puis pour la photographie. Fondateur de Zoomar Inc. en 1945, il travaille sur le déplacement coordonné des lentilles pour faire varier la focale tout en conservant une image nette.
Ses recherches sont associées au Voigtländer Zoomar 36–82 mm, commercialisé en 1959. Le photographe peut passer d’un cadrage large à un cadrage serré sans changer d’objectif ni déplacer l’appareil.